Petite montagne du Jura

ZPS Code : FR4312013

38 301 ha 55 communes
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Localisation

Présentation

Petite montagne du Jura est une zone protégée de type ZPS, couvrant 38 301 hectares sur 55 communes. Cette zone inclut 123 forêts publiques. Elle comprend 165 722,4 ha de surface agricole déclarée.

Source : INPN — PatriNat

Localisée entre le Revermont à l'ouest, le département de l'Ain au sud et le Massif du Haut-Jura à l'est - dont elle est séparée par les gorges de l'Ain - la Petite Montagne fait partie intégrante du massif jurassien. Elle appartient au Jura plissé, caractérisé par un relief tourmenté correspondant à une succession de crêtes orientées pour la plupart nord-sud. L'altitude varie de 400 à 841 m et la pluviosité annuelle entre 1200 et 1500 mm, avec des risques importants de sécheresse en mars-avril et en période estivale. La Valouse, un petit cours d'eau présent sur le site, est situé à l'extrême sud du département du Jura. Il se jette dans la rivière d'Ain à la limite du département, dans la région de Chaléa-Thoirette, après un parcours de 44,7 km. Son bassin culmine à une altitude de 841 m et présente un dénivelé maximum de 569 m. Cette rivière et son principal affluent le Valouson, d'origine karstique*, entaillent profondément les plateaux. Une série de petits ruisseaux alimentent ces rivières (la Thoreigne, située en rive droite, le Bief d'Enfer, le Valzin et l'Ancheronne, en rive gauche, etc.). La Petite Montagne est un secteur particulièrement intéressant sur les plans écologique et biologique, par l'agencement des différents types de milieux qui composent le terroir. Les systèmes pastoraux et les pelouses sont interconnectés, les forêts montrant toujours une structure globalement linéaire. Ce terroir présente une agriculture peu intensive et généralement respectueuse de la qualité des milieux naturels. Parmi les habitats forestiers présents sur le site certains ont un intérêt patrimonial particulier : - Sur certains éboulis, les forêts de ravins sont représentées par l'Erablaie à Scolopendre sur les versants les plus froids, et par des Tillaies-érablaies sur versants plus chauds. - Les fonds de vallée sont occupés par des forêts alluviales résiduelles. La Saulaie arborescente à Saule blanc est assez bien représentée sur le site. Présente sur les matériaux les plus riches en éléments grossiers, la Frênaie-Erablaie est elle-aussi un habitat communautaire d'intérêt prioritaire. - Sur les pentes les moins ensoleillées, il est possible de rencontrer des hêtraies-chênaies à Aspérule odorante (ex : forêt de Coisonnet ). - Enfin, sur les sols à engorgement non permanent, d'où le Hêtre est absent, la chênaie pédonculée fait son apparition. Un grand nombre d'unités, de petite ou de grande taille, les pelouses, couvrent la Petite Montagne. Il s'agit de milieux biologiquement très riches, plusieurs d'entre elles présentant même un intérêt exceptionnel. Les pelouses sont des formations herbacées qui se développent sur des sols généralement peu épais, moyennement riches en matières nutritives et non amendés. Souvent, un même secteur présente une mosaïque de milieux : pelouses, friches, ourlets, et dalles plus ou moins nues. On rencontre deux grands types de pelouses à fort intérêt patrimonial et leurs milieux associés : - Les pelouses mésoxérophiles calcicoles en exposition sud où la flore est riche en orchidées. Elles sont représentées sur les pelouses de Thoirette et de Nermier, les friches et pelouses de Bellecin et du vaste plateau de Sapey, le Pré Gatheron, le Molard de Justice, les Petits Buis, "la Cha" et les Quarts. - D'autres colonisent les surfaces marno-calcaires dont les sols ravinés à teneur variable en eau sont constamment rajeunis par l'érosion ; ce sont les pelouses mésohygrophiles* marnicoles*. Elles sont rares dans le Jura et abritent une flore caractéristique tel que le Lotier maritime et de nombreuses orchidées. Elles sont représentées sur Dramelay, les Près Perrin, le Pré Gatheron, la pelouse de la ferme des Cornes, Sous Rametain, les Petits Buis et les pelouses de Nermier. Sur l'ensemble de la Petite Montagne, les secteurs plats ou de faible pente, ainsi que les fonds de vallée, combes et cuvettes, localisés entre les crêts, sont exploités par l'agriculture à vocation pastorale. La prépondérance de l'élevage bovin explique l'extension des prairies permanentes. L'abandon progressif, par l'agriculture, des parcelles les plus difficiles à exploiter dans les pentes et sur les sols superficiels, explique le développement des friches. Certains secteurs présentent des zones humides. - Ainsi, à Onoz, on rencontre un petit lac entouré par des prés plus ou moins marécageux, un bas-marais alcalin et une roselière qui s'est développée sur une ancienne tourbière. Malgré les drainages dont il a fait l'objet, ce bas-marais abrite des espèces caractéristiques: Marisque, Choin ferrugineux ou encore Gentiane des marais, ces deux dernières espèces étant protégées en Franche-Comté. Les parties orientales du lac sont colonisées par les aulnes, les saules et la Bourdaine. - Le lac de Viremont, jouxté par le Molard de Bron reste un site exceptionnel malgré les drainages dont il a fait l'objet. Le marais occupant la bordure orientale du lac constitue la plus importante station du Jura à Glaïeul des marais sur les deux présentes en Franche-Comté. Il recèle également le Choin ferrugineux, la Gentiane pneumonanthe et la Grassette. Le Molard de Bron qui le jouxte lui assure une bonne complémentarité. La faune est également très riche. Par ailleurs, l'avifaune est elle-aussi intéressante. Cette région naturelle reste le seul secteur de nidification du Circaète Jean-le-blanc en Franche-Comté. Par son maintien, cet aigle chasseur de serpents illustre parfaitement les exigences de la plupart des autres espèces animales présentes, à savoir un vaste territoire dont les milieux naturels sont à la fois diversifiés et interconnectés. Autre oiseau à signaler, l'Engoulevent d'Europe peut être rencontré sur les coteaux calcaires ensoleillés, favorables au Genévrier et aux orchidées. Dans les milieux ouverts à semi-ouverts, sont présents également différents passereaux comme l'Alouette lulu ou la Pie-grièche écorcheur. Certaines falaises du site abritent quelques couples d'oiseaux rupestres, tels que le Faucon pèlerin, ou son prédateur, le Grand Duc d'Europe. Actuellement, les milieux naturels de la Petite Montagne présentent encore un bon état de conservation. Ils hébergent un grand nombre d'espèces à forte valeur patrimoniale.

Les milieux présents en Petite Montagne présentent une diversité intéressante, notamment aux interconnections des différentes entités et forment une mosaïque paysagère. Les milieux forestiers et les prairies et pelouses constituent l'essentiel du territoire. Les forêts représentent 43% du territoire, avec des espèces d'oiseaux et des habitats d'intérêt communautaire. De grands ensembles forestiers (principalement des hêtraies) sont d'intérêt communautaire ainsi que des secteurs plus ponctuels aux conditions abiotiques spécifiques (pente, humidité importante...). Des espèces comme les rapaces, le Pic noir, les chauve-souris ou encore le Lynx passent tout ou partie de leur cycle biologique en forêt. Les pelouses et prairies, milieux agropastoraux présents sur près de 25% du territoire constituent des milieux très importants pour un grand nombre d'espèces nicheuses ou migratrices. Sur les pelouses, on trouve l'Alouette lulu, la Pie-Grièche écorcheur ou le Damier de la Succise et sur les milieux prairiaux, le Busard St Martin et les Milans. Les habitats naturels d'intérêt communautaire sont également très variés et plutôt bien représentés en Petite Montagne. De la pelouse sèche pionnière sur dalle (pelouse rupicole calcaire) à la prairie maigre de fauche, on dénombre 4 habitats d'intérêt communautaire dans le site Natura 2000. Ce grand milieu ne comprend pas les prairies humides, incluses dans les « zones humides ». Les landes et broussailles constituent des milieux de transition entre prairies-pelouses et forêt. Très souvent rattachés aux pelouses ou aux forêts jeunes, ils abritent des espèces caractéristiques de ces milieux de transition tels que l'Engoulevent d'Europe et la Laineuse du prunelier. Les milieux rupestres abritent des espèces comme le Faucon pèlerin, le Grand-Duc d'Europe et les chauves-souris utilisent les grottes et cavités comme gite d'hivernage ou de transit. Les rivières de Petite Montagne sont des habitats pour 3 espèces de poissons d'intérêt communautaire, l'Écrevisse à patte blanche et la Moule perlière. Les 2 principaux plans d'eau du site sont le lac de Vouglans et de Lac de Coiselet. Ce dernier est un secteur d'hivernage pour plusieurs espèces d'oiseaux. Les zones humides représentent une faible part du territoire, mais sont de très grande importance, puisque beaucoup d'habitats et d'espèces d'intérêt communautaire y sont liés. On y trouve 2 types d'habitats de prairies humides et 4 types de marais ou tourbière, mais ils sont très peu représentés dans le site. Les oiseaux migrateurs comme le Courlis cendré et la Bécassine des marais sont quant à eux à la recherche de plus grands ensembles de zones humides. Ces espèces et habitats sont donc particulièrement fragiles au vu de la faible représentation de ces milieux en Petite Montagne. Les cultures occupent 4% du territoire et présentent des enjeux faibles de conservation des espèces d'intérêt communautaire. Les zones urbanisées représentent une part importante dans l'occupation du sol du fait de l'habitat dispersé. Ces zones abritent un nombre important d'espèces d'oiseaux et de chauve-souris dans le bâti ou les vergers par exemple. Les infrastructures comme les ponts sont aussi utilisées par des chauve-souris.

Cadre réglementaire

Site Natura 2000 designe au titre de la directive Oiseaux (2009/147/CE) pour la protection des especes d'oiseaux sauvages et de leurs habitats. Meme regime d'evaluation des incidences que les ZSC (article L414-4). Les objectifs de conservation portent specifiquement sur les especes d'oiseaux ayant justifie la designation du site.

Menaces et pressions identifiees

Incidence forte

  • Fertilisation dans le site
  • Mise en culture (y compris augmentation de la surface agricole) dans le site
  • Lignes électriques et téléphoniques dans le site
  • Zones urbanisées, habitations dans le site
  • Habitations dispersées dans le site
  • Pêche de loisirs dans le site
  • Chasse dans le site
  • Sports nautiques dans le site
  • Randonnée, équitation et véhicules non-motorisés dans le site
  • Véhicules motorisés dans le site
  • Fauche de prairies dans le site
  • Pâturage dans le site
  • Abandon de systèmes pastoraux, sous-pâturage dans le site
  • Elevage dans le site
  • Remembrement agricole dans le site
  • Elimination des haies et bosquets ou des broussailles dans le site
  • Sylviculture et opérations forestières dans le site
  • Pollution des eaux de surfaces (limniques et terrestres, marines et saumâtres) dans le site
  • Pollution des sols et déchets solides (hors décharges) dans le site
  • Modifications du fonctionnement hydrographique dans le site
  • Captages des eaux de surface dans le site
  • Relations interspécifiques (flore) dans le site
  • Compétition (flore) dans le site

Incidence moyenne

  • Irrigation dans le site
  • Sentiers, chemins, pistes cyclables (y compris route forestière) dans le site
  • Routes, autoroutes dans le site
  • Réseaux de communication et de transport de fluides et d'énergie dans le site
  • Urbanisation continue dans le site
  • Urbanisation discontinue dans le site
  • Dépôts de matériaux inertes dans le site
  • Bâtiments agricoles, constructions dans le paysage dans le site
  • Aquaculture (eau douce et marine) dans le site
  • Prélèvements sur la faune terrestre dans le site
  • Piégeage, empoisonnement, braconnage dans le site
  • Sports de plein air et activités de loisirs et récréatives dans le site
  • Camping, caravanes dans le site
  • Modification des pratiques culturales (y compris la culture perenne de produits forestiers non ligneux : oliviers, vergers, vignes…) dans le site
  • Utilisation de biocides, d'hormones et de produits chimiques dans le site
  • Plantation forestière en milieu ouvert dans le site
  • Plantation forestière en terrain ouvert (espèces allochtones) dans le site
  • Replantation d'arbres dans une plantation forestière (après éclaircie…) dans le site
  • Elimination du sous-bois dans le site
  • Elimination des arbres morts ou dépérissants dans le site
  • Extraction de sable et graviers dans le site
  • Carrières de sable et graviers dans le site
  • Routes, sentiers et voies ferrées dans le site
  • Piétinement, surfréquentation dans le site
  • Incendies et lutte contre les incendies dans le site
  • Modification de la structure des cours d'eau intérieurs dans le site
  • Assèchement dans le site

Incidence faible

  • Pollution de l'air et polluants atmosphériques dans le site
  • Modifications du régime de mise en eau dans le site
  • Submersion dans le site

Chiffres clés

Zones naturelles protegees au titre du reseau europeen Natura 2000 (habitats et especes d’interet communautaire).

38 301
ha de surface
55
communes
596
exploitations

Protections environnementales

Les protections listees ci-dessous recoupent geographiquement cette zone.

Forets publiques (123)

Espaces naturels (Conservatoire d’espaces naturels) (11)

Sites du Conservatoire du littoral (4)

Appellations d'origine (26)

Activité agricole

Parcelles agricoles declarees chaque annee par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune.

161 608 ha de surface agricole declaree déclarée (PAC)

Prairies permanentes 129 393,5 ha
Prairies temporaires 13 807,5 ha
Orge 4 436,2 ha
Autres céréales 3 791,1 ha
Fourrage 2 916,3 ha
Estives et landes 2 750,8 ha
Blé tendre 1 979,7 ha
Maïs grain et ensilage 1 479,7 ha
Colza 250,9 ha
Autres oléagineux 215,4 ha

Communes (55)